EPIDE

19/08/2026

Interview de Jean-René Kevin CASTOLI, chargé de communication en Office de tourisme


Originaire de Guyane, Jean-René Kevin CASTOLI a connu une période de doutes avant de trouver sa voie dans la communication. Son passage à l’EPIDE à Saint-Quentin lui a permis de reprendre confiance en lui, de construire un véritable projet professionnel et d’acquérir les compétences qui l’ont mené jusqu’à son poste actuel de chargé de communication à l’Office de tourisme de Saint-Laurent-du-Maroni. Il revient sur son parcours, les enseignements qu’il en retire et les conseils qu’il souhaite transmettre aux futurs volontaires.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m'appelle Jean-René Kevin CASTOLI, j'ai 24 ans et je suis originaire de Guyane. Aujourd'hui, je suis chargé de communication à l'Office de tourisme de Saint-Laurent-du-Maroni, ma ville natale. Avant d'occuper ce poste, j'ai traversé une période où je cherchais à reprendre mes études. Je souhaitais intégrer une formation en communication, mais l'année scolaire n'avait pas encore commencé et je ne voulais pas rester sans activité. C'est à ce moment-là que mes éducateurs de l'association La Base Vie, avec qui j'étais régulièrement en contact à Reims, m'ont parlé de l'EPIDE. Ils connaissaient bien le dispositif et m'ont proposé d'aller le découvrir.

J'ai intégré l'EPIDE en 2025. À l'origine, je voulais surtout reprendre mes études dans la communication. J'ai d'ailleurs été accepté dans un BTS en alternance. Malheureusement, malgré une promesse d'embauche, l'entreprise qui devait m'accueillir a rencontré des difficultés internes et je n'ai pas pu poursuivre ma formation, faute d'alternance.

Après cette déception, j'ai décidé de retourner temporairement en Guyane pour prendre un peu de recul. Ce séjour devait durer un mois, mais les choses ont rapidement évolué. Passionné par la communication, je suis arrivé pendant une période où les besoins étaient importants, notamment lors des élections législatives. J'ai commencé à aider plusieurs personnes bénévolement sur des missions de communication. Petit à petit, mon travail a été remarqué jusqu'à parvenir au directeur de l'Office de tourisme, qui m'a proposé un poste. Aujourd'hui, j'exerce un métier qui me passionne.

Quelles ont été les étapes qui vous ont permis d'atteindre votre objectif ?

La première étape a été de m'adapter au rythme de l'EPIDE. Les réveils matinaux, le sport, les cours et le cadre demandent un temps d'adaptation.

Ensuite, il a fallu accepter de construire un véritable projet professionnel. Être à l'EPIDE signifie avancer vers un objectif concret. Une fois ce projet clairement défini, j'ai commencé à retrouver progressivement confiance en mes capacités.

Même si ma reprise d'études n'a finalement pas duré longtemps, cette expérience m'a prouvé que j'étais capable de réussir. Elle m'a donné l'envie de continuer malgré les difficultés et m'a permis de rebondir jusqu'à trouver le poste que j'occupe aujourd'hui.

En quoi consiste votre métier aujourd'hui ?

Je suis le seul chargé de communication de l'Office de tourisme. Mes missions sont donc très variées.

Je gère l'ensemble des réseaux sociaux, qui représentent aujourd'hui un levier essentiel pour faire connaître notre territoire. Mon objectif est de contribuer à moderniser l'image de l'Office de tourisme ainsi que celle du tourisme dans l'ouest de la Guyane, un secteur qui reste encore peu mis en avant.

Concrètement, je réalise les tournages, le montage vidéo, les publications sur les réseaux sociaux, les interviews, les vlogs et les différents contenus permettant de valoriser les activités locales. L'objectif est de donner envie aux visiteurs de venir découvrir Saint-Laurent-du-Maroni.

J'interviens également sur la partie événementielle, puisque nous souhaitons développer davantage d'événements tout au long de l'année afin d'animer le territoire et de renforcer son attractivité.

Pourquoi avoir choisi l'EPIDE ?

Au départ, l'une des raisons était de sortir de mon environnement habituel à Reims. Mais ce qui m'a vraiment convaincu, ce sont toutes les opportunités proposées.

L'EPIDE ne se limite pas à une formation. Il y a un véritable accompagnement pédagogique, social et professionnel. Les équipes nous aident dans nos recherches de formation ou d'emploi, mais aussi dans les démarches administratives et les difficultés du quotidien.

J'avais le sentiment que mes chances de réussir à reprendre des études étaient beaucoup plus importantes en étant accompagné que si j'avais essayé de tout faire seul. C'était également l'occasion de découvrir de nouveaux métiers, de rencontrer des personnes très différentes et de vivre une expérience collective que je n'avais jamais connue auparavant.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs volontaires de l'EPIDE ?

Je leur dirais d'abord de ne pas arriver avec des préjugés. Le fonctionnement peut paraître impressionnant au début entre les réveils très tôt, le garde-à-vous, la Marseillaise ou encore la discipline peuvent surprendre. Pourtant, ce n'est que la partie visible du dispositif. Derrière ce cadre, il y a énormément de bienveillance, de sport, de rencontres humaines et surtout des professionnels qui sont là pour nous aider.

Je leur conseillerais également de construire leur propre projet et de s'y tenir. Beaucoup changent régulièrement d'objectif sans jamais aller au bout de leurs démarches. Il faut considérer l'EPIDE comme un véritable tremplin vers l'avenir, et non comme une finalité.

Enfin, je leur recommande de s'investir pleinement dans tout ce qui est proposé. Même les formations ou les certifications qui semblent secondaires peuvent finalement faire la différence. Par exemple, j'ai obtenu la certification Pix pendant mon parcours. À l'époque, je pensais qu'elle ne me servirait jamais. Pourtant, elle figure aujourd'hui sur mon CV et a contribué à valoriser mon profil lors de mon recrutement.

Quels souvenirs gardez-vous de votre passage à l'EPIDE ?

Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les rencontres humaines. Avant d'intégrer l'EPIDE, j'avais quelques préjugés. Je pensais que l'établissement était uniquement très strict. Finalement, j'y ai surtout découvert une grande solidarité et de belles amitiés.

Aujourd'hui encore, alors que je vis désormais en Guyane et que beaucoup de mes anciens camarades sont restés en métropole, nous continuons à échanger régulièrement. Nous gardons contact et partageons toujours autant de bons souvenirs. Plus qu'un moment précis, ce sont tous les fous rires, les moments de joie et la vie quotidienne passée ensemble qui restent gravés dans ma mémoire.

Je me souviens notamment d'une nuit où l'alarme incendie s'est déclenchée vers deux ou trois heures du matin. Nous avons tous dû sortir rapidement du bâtiment pour le rassemblement obligatoire. La plupart d'entre nous étions simplement en caleçon, avec une couverture sur les épaules, certains sans chaussures, d'autres uniquement en chaussettes. Sur le moment, nous étions surtout fatigués, mais une fois la situation terminée, nous avons énormément ri en repensant à cette scène complètement improbable.

Qu'est-ce que l'EPIDE vous a apporté ?

L'EPIDE m'a permis de devenir une meilleure version de moi-même. Avant d'y entrer, j'étais quelqu'un de très solitaire. Je sortais très peu, je préférais rester chez moi et j'avais beaucoup de difficultés à aller vers les autres. Petit à petit, j'ai appris à m'ouvrir, à échanger davantage et à prendre confiance.

J'ai également réussi à arrêter certaines addictions grâce à l'accompagnement des encadrants, notamment grâce au sport que j'ai repris. J'ai aussi appris à ne plus considérer les échecs comme des fatalités. Lorsqu'on enchaîne les refus de candidature, il est facile de perdre confiance. L'EPIDE m'a aidé à comprendre qu'un échec n'empêche jamais de rebondir.

Le dispositif m'a aussi accompagné sur des aspects très concrets de la vie quotidienne. J'ai découvert le dispositif 100 % Santé, qui m'a permis d'obtenir les lunettes que je porte aujourd'hui. Sans l'EPIDE, je n'aurais probablement jamais connu cette aide. Au-delà des compétences professionnelles, c'est surtout la confiance en moi que j'y ai gagnée.

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19/08/2026