l'EPIDE

30/07/2026

Interview de Jérémy LEVY, ancien volontaire de l’EPIDE Strasbourg, apprenti charcutier-boucher


Après un échec au baccalauréat qui l’a profondément affecté, Jérémy LEVY a trouvé à l’EPIDE un cadre, un soutien et une nouvelle direction. Pendant près d’un an, il y a développé sa confiance en lui, découvert le goût de l’engagement citoyen et construit son projet professionnel. Aujourd’hui apprenti charcutier-boucher, il poursuit son parcours avec détermination. Il revient sur cette étape décisive de sa vie et sur tout ce que l’EPIDE lui a apporté.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Jérémy LEVY. Avant d’intégrer l’EPIDE, j’étais élève dans un lycée agricole professionnel en Alsace. J’ai d’abord suivi une formation dans les services aux personnes et aux territoires, puis je me suis réorienté vers une filière de technicien conseil vente en alimentation. Dans mon lycée, nous disposions notamment d’un magasin biologique qui nous permettait de mettre en pratique les techniques de vente et le conseil client.

Malheureusement, en 2021, j’ai échoué au baccalauréat. Cet échec a été très difficile à vivre. J’étais dans une période très compliquée et c’est à ce moment-là qu’une conseillère d’orientation m’a parlé de l’EPIDE. Je ne connaissais pas l’EPIDE, mais je me suis dit que je n’avais rien à perdre et tout à gagner. J’ai été admis le 12 octobre 2021 et cela a marqué le début d’un nouveau chapitre dans ma vie.

Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre l’EPIDE ?

Ce qui m’a poussé à rejoindre l’EPIDE, c’est avant tout l’envie de ne pas m’enfermer sur moi-même après mon échec scolaire. À cette période, je traversais une véritable période de doute. Je manquais totalement de confiance en moi.

L’EPIDE m’a permis de sortir de cette situation. Avec le recul, je peux même dire que l’EPIDE m’a sauvé. Sans cette structure, je pense que j’aurais eu beaucoup de mal à rebondir. J’avais besoin d’un cadre, d’un accompagnement et d’un environnement qui me pousse à avancer. C’est exactement ce que j’y ai trouvé.

Quels souvenirs forts ou moments marquants gardez-vous de votre passage à l’EPIDE ?

J’ai énormément de souvenirs positifs. Pour moi, l’EPIDE ressemblait à une grande famille. J’y ai rencontré des personnes bienveillantes qui m’ont accompagné tout au long de mon parcours.

Le souvenir le plus marquant reste sans aucun doute mon rôle de donneur de ton de la Marseillaise. Chaque vendredi matin, j’avais l’honneur de lancer le chant lors des cérémonies. J’adorais cela, car j’aime chanter depuis longtemps et j’avais déjà fait partie d’une chorale lorsque j’étais au lycée. Cette expérience m’a conduit à vivre le moment exceptionnel d’être valorisé à l’Hôtel de Ville de Strasbourg lors des célébrations du 14 juillet. J’ai également été mis à l’honneur pour cet engagement. Ce sont des souvenirs dont je suis particulièrement fier.

Je garde aussi un excellent souvenir des nombreuses activités proposées par l’EPIDE, des sorties, des actions citoyennes et des événements auxquels j’ai participé.

Selon vous, quels sont les principaux atouts de l’EPIDE ?

Le principal atout de l’EPIDE est sa capacité à aider les jeunes à aller de l’avant et à retrouver confiance en leur avenir. L’établissement offre un véritable cadre qui permet de se reconstruire et de préparer son insertion professionnelle. J’apprécie également beaucoup l’esprit collectif qui y règne. On apprend à vivre ensemble, à respecter les autres et à travailler en équipe. Cet aspect est essentiel.

Le cadre inspiré du fonctionnement militaire apporte aussi de la rigueur et de la discipline. Cela demande de la patience et de l’adaptation, mais c’est extrêmement formateur.

Enfin, l’EPIDE propose de nombreuses activités, des sorties, du sport, des formations et un accompagnement personnalisé. Il y a toujours quelque chose à apprendre ou à découvrir.

Quelles compétences y avez-vous le plus développées ?

La première compétence que j’ai développée est la détermination. L’EPIDE m’a appris à ne jamais abandonner, même lorsque les choses deviennent difficiles. J’y ai également gagné en confiance en moi. J’ai appris à croire davantage en mes capacités et à m’accrocher à mes objectifs.

Une autre compétence importante est la capacité à faire confiance aux autres. Les équipes de l’EPIDE sont toujours à l’écoute et cherchent à aider les jeunes à progresser. Je n’ai jamais eu le sentiment d’être jugé ou dénigré. Au contraire, les encadrants m’ont constamment encouragé à avancer et à donner le meilleur de moi-même.

Quel a été votre premier poste à votre sortie de l’EPIDE ?

Je suis resté près d’un an à l’EPIDE et j’en suis sorti en septembre 2022 avec plusieurs réussites à mon actif. J’ai notamment obtenu la certification PIX ainsi que le permis AM. À ma sortie, j’ai trouvé un emploi qui me permettait de commencer un CAP Boucher dans un magasin Leclerc. Malheureusement, cette première expérience n’a duré que deux mois. Malgré cela, je n’ai pas abandonné mon projet professionnel.

Pouvez-vous nous décrire les grandes étapes de votre parcours depuis cette sortie ?

Après cette première expérience, je suis resté plusieurs mois à la recherche d’un nouvel employeur. En février 2023, j’ai finalement trouvé une nouvelle entreprise chez Grand Frais à Fegersheim afin de poursuivre mon CAP Boucher.

Même si cette période n’a pas toujours été simple, j’ai continué à me battre pour atteindre mes objectifs. Je n’ai pas obtenu mon CAP Boucher lors de ma première tentative, mais cela ne m’a pas découragé. J’ai poursuivi ma formation en CAP Charcutier tout en repassant le CAP Boucher en candidat libre. En 2025, j’ai obtenu mon CAP Boucher avec la mention assez bien. Cette réussite représente une grande fierté pour moi. J’ai également participé à des concours professionnels qui m’ont permis d’obtenir deux médailles d’argent européennes grâce à la présentation de plateaux.

Mon parcours a connu des difficultés, notamment certaines expériences professionnelles compliquées. Cependant, j’ai toujours essayé de garder le cap et de continuer à avancer malgré les obstacles. Aujourd’hui, je termine mon CAP Charcutier et je prépare mon examen final avec beaucoup de motivation.

Quels conseils donneriez-vous aux volontaires qui rejoignent l’EPIDE ?

Je leur dirais avant tout de profiter pleinement de toutes les opportunités proposées. L’EPIDE met à disposition énormément de ressources et d’activités. Je conseille notamment de pratiquer du sport, car les infrastructures sont accessibles et permettent de se dépasser. C’est un excellent moyen de gagner en confiance et de créer des liens avec les autres volontaires.

Je leur dirais également d’écouter les conseils des équipes d’accompagnement, notamment les conseillers qui aident à construire les CV, les lettres de motivation et les projets professionnels. Personnellement, cet accompagnement a été très précieux.

Enfin, il faut arriver avec l’envie de réussir. Lorsqu’on est motivé et prêt à s’investir, l’EPIDE peut réellement devenir un tremplin vers l’avenir.

Une anecdote que vous souhaiteriez partager ?

J’en ai plusieurs, mais l’une des plus marquantes concerne mon engagement bénévole auprès de l’Étoile Noire de Strasbourg, un club de hockey sur glace. Avec d’autres volontaires, nous participions à l’organisation des matchs (préparation des sandwichs, service des spectateurs, missions logistiques...). Quand il y avait un moment de calme, nous pouvions même regarder le match. C’était une expérience formidable.

J’ai également participé à plusieurs événements sportifs, notamment des galas de boxe et de Muay Thaï. J’ai eu l’occasion d’y rencontrer le champion Bilal Bakouchareff ainsi que Pascal Soetens, plus connu sous le nom de « Pascal le Grand Frère ». Ces rencontres restent d’excellents souvenirs.

Plus sérieusement, si je devais résumer mon expérience à l’EPIDE en une phrase, je dirais que cette structure m’a permis de reprendre confiance en moi, de construire mon avenir et de rencontrer des personnes qui ont cru en moi lorsque j’en avais le plus besoin.

Alors si tu hésites à rentrer chez l’EPIDE, n’hésites plus, fonce !

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30/07/2026