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Interview de Mouloud BESBISS, conseiller en insertion professionnelle au centre EPIDE de Strasbourg
Avec près de vingt ans d’expérience dans la formation et l’accompagnement à l’insertion professionnelle, Mouloud Besbiss a choisi de rejoindre l’EPIDE pour redonner du sens à son engagement et à ses missions. Aujourd’hui au contact direct des jeunes, il nous parle de son parcours, de son rôle au sein du centre, des valeurs qui l’animent et de l’importance d’un accompagnement bienveillant et structuré pour permettre à chacun de se reconstruire et de rebondir.
Pouvez-vous vous présenter et me raconter ce qui vous a amené à travailler à l'EPIDE ?
J'ai travaillé durant une quinzaine d’années, voire quasiment vingt ans, en tant que formateur, formateur référent, responsable pédagogique et coordinateur pédagogique. J’ai aussi créé ma propre structure de formation orientée vers les acquisitions des savoirs de base, de l’entreprenariat et du Français Langue Etrangère.
J’ai toujours été confronté à un public en lien avec l’insertion, souvent des personnes éloignées de l’emploi ou en voie de marginalisation. En plus de la formation, j’intervenais beaucoup sur le volet accompagnement : élaboration de projets professionnels, accès à l’emploi ou à des formations qualifiantes.
Ensuite, j’ai occupé un poste de responsable ressources — l’équivalent d’un poste RH dans le champ de la formation — avec le recrutement, l’intégration et l’accompagnement des formateurs. J’étais aussi référent handicap et inclusion visant un public confronté à des freins multiples. Mais j’étais un peu éloigné du terrain avec des réunions fréquentes et des actions en lien avec la conception ou encore l’ingénierie pédagogique. Et le terrain ainsi que l’opérationnel me manquaient. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai postulé à l'EPIDE : pour retrouver du concret, du sens, et surtout le contact direct avec les jeunes, dans un travail pluridisciplinaire centré sur l’accompagnement. Aujourd’hui, je suis comblé, parce que je constate les résultats concrets de notre action.
Votre rôle au sein du centre EPIDE de Strasbourg, c’est quoi concrètement ? À quoi ressemble une journée type ?
Le lundi, nous commençons par une réunion de section. L’EPIDE s’articule autour d’un cadre d’inspiration militaire, avec quatre sections. Dans chaque section, on trouve un conseiller en insertion professionnelle (CIP), deux chargés d’éducation et citoyenneté (CEC), un formateur d’enseignement général, des moniteurs, etc.
Le CIP est considéré comme le pilote de la section, parce que l’objectif final, c’est l’insertion. Donc, nous travaillons à partir du projet du jeune : Par exemple, si un jeune veut intégrer l’armée, nous mettons en place toute la préparation nécessaire (sport, tests, entretiens, etc.).
Mon travail consiste à accueillir les jeunes, faire émerger ou valider un projet, construire un parcours sans couture avec des phases de stage, de mise en relation, d’ateliers collectifs, d’entretiens individuels.
Chaque lundi, on fait le point sur chaque jeune : ce qui avance, ce qui bloque, les freins à lever. Et on coordonne tout ça en équipe.
On fait aussi beaucoup d’animation collective (type DVP) pour leur donner un socle commun, puis on les accompagne vers plus d’autonomie.
Pourquoi est-ce important de s’engager aujourd’hui auprès des jeunes, selon vous ?
Parce que les jeunes, c’est l’avenir. Et les jeunes qu’on accompagne sont souvent en perte de repères, de valeurs, de cadre. Ils ont besoin de se reconstruire dans un environnement structurant.
L'EPIDE offre tout ça : un cadre sécurisant, structurant, mais aussi humain et bienveillant. Les jeunes possèdent un potentiel incroyable. Il faut juste des professionnels pour les aider à en prendre conscience, à le révéler.
Et puis, nous avons aussi un rôle de transmission. On n’est pas là pour leur dire quoi faire, mais pour les éclairer, leur donner des clés, leur montrer que c’est possible, que les opportunités et les options sont accessibles.
Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour accompagner ces jeunes ?
D’abord, ne pas être dans le jugement. Accueillir le jeune tel qu’il est. Il faut aussi beaucoup d’écoute, de patience, de souplesse.
L’empathie, l’altruisme, l’adaptation sont essentielles. Il faut aimer voir les jeunes évoluer, grandir.
Mais il faut aussi de la rigueur et une posture professionnelle. Savoir être à côté du jeune, sans se substituer à lui.
Et surtout, il faut avoir du cœur. Ça ne s’apprend pas, mais c’est fondamental.
Vous qui êtes au contact quotidien des jeunes, en quoi des initiatives comme la plateforme volontaire peuvent-elles faire la différence ?
C’est un outil formidable. Les jeunes aiment les réseaux, ils sont à l’aise avec ça.
La plateforme permet de garder un lien avec l'EPIDE, de renforcer le sentiment d’appartenance, de mettre en relation anciens et actuels volontaires.
C’est un espace vivant de ressources, d’opportunités, de témoignages, et ça permet aux jeunes de s’identifier à des parcours inspirants proches du leur.
J’ai vu certains jeunes l’utiliser, créer leur profil, échanger, trouver des offres... Ça fonctionne vraiment.
Et pour terminer, si vous deviez transmettre un message à un jeune qui hésite à intégrer l'EPIDE, qu’est-ce que vous lui diriez ?
Je lui dirais : ose. N’aie pas peur d’expérimenter. C’est une expérience humaine très riche. À l'EPIDE, tu vas apprendre l’autonomie, la vie en collectivité, te préparer au monde professionnel avec un accompagnement bienveillant et personnalisé.
Tu pourras développer ton projet, proposer tes idées, évoluer dans un cadre souple mais structuré. Et surtout, tu repartiras toujours avec quelque chose : plus de confiance en toi, une meilleure connaissance de tes ressources, et l’envie de rebondir.
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