Datalumni

10/10/2025

Interview de Soria Berchech,conseillère en insertion professionnelle au centre EPIDE de Lyon-Meyzieu


Depuis près de dix ans, Soria Berchech accompagne les jeunes de l’EPIDE de Lyon-Meyzieu avec énergie et conviction. Conseillère en insertion professionnelle et coordinatrice de section, elle met tout en œuvre pour lever les freins des volontaires et leur permettre de construire un avenir durable. Rencontre avec une professionnelle passionnée, pour qui l’accompagnement va bien au-delà de l’emploi.

Pouvez-vous vous présenter et me raconter ce qui vous a amené à travailler à l'EPIDE ?

Je m’appelle Soria Berchech. Je travaille au centre EPIDE de Lyon-Meyzieu depuis bientôt dix ans, au sein de la section Rosa Parks. Avant d’intégrer l’EPIDE, j’étais chargée de mission handicap et diversité pour Synergie Travail Temporaire. Je couvrais une large région allant de Bourgogne-Franche-Comté à PACA, avec plusieurs missions : accompagner les agences pour favoriser le recrutement de personnes en situation de handicap, créer et entretenir des partenariats avec les acteurs de l’insertion (missions locales, France Travail, maisons de l’emploi...), suivre les tableaux de bord AGEFIPH et accompagner les entreprises dans leurs obligations de recrutement. J’intervenais aussi auprès de personnes issues des quartiers prioritaires.

Après cinq années sur ce poste, j’ai voulu évoluer. J’ai réalisé un bilan de compétences qui a mis en lumière mon appétence pour le métier de conseillère en insertion. J’ai alors repris des cours au CNAM, en licence "accompagnement insertion et ingénierie de formation", tout en recherchant un emploi. C’est ainsi que j’ai postulé à l’EPIDE, où j’ai été recrutée.

Votre rôle au sein du centre, c’est quoi concrètement ? À quoi ressemble une journée type ?

Je suis conseillère en insertion professionnelle, mais aussi coordinatrice de section. Mon rôle est d’accompagner les jeunes dans leur parcours, qu’il s’agisse de projets de formation ou d’insertion professionnelle. En tant que coordinatrice, je veille à ce que tous les jeunes aient les mêmes chances. Je m’assure qu’ils puissent passer le code, obtenir le PSC1, qu’on lève tous les freins qui pourraient les empêcher d’avancer : logement, précarité financière, accès aux droits. Le but est de leur assurer une insertion durable.

Je dirais qu’à l’EPIDE, il n’y a pas vraiment de journée type... Ce qu’on a prévu ne se passe jamais comme prévu ! Il faut savoir gérer l’imprévu. Il y a bien sûr des temps fixes : le lever des drapeaux le matin, les ateliers pédagogiques, le suivi des volontaires. Aujourd’hui, par exemple, j’animais un atelier sur les contrats de travail.

Pourquoi est-ce important de s’engager aujourd’hui auprès des jeunes, selon vous ?

Parce que les jeunes, c’est notre avenir. Ce sont les adultes et les parents de demain. Certains ont été cabossés par la vie, sans avoir choisi leur famille ou leur parcours. Ils n’y sont pour rien. Et je suis convaincue que, s’ils avaient grandi dans un autre environnement, leur trajectoire aurait été différente. C’est pour cela qu’il est essentiel de les accompagner, de leur redonner des repères et de les aider à se construire un avenir meilleur.

Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles pour accompagner ces jeunes ?

Il faut beaucoup d’empathie, mais aussi de la fermeté. Il faut être polyvalente : passer d’un atelier à de l’administratif, à un contact avec un employeur. Avoir un bon sens relationnel et commercial est essentiel, ainsi qu’une certaine aisance avec les outils numériques. L’informatique prend une place grandissante dans notre quotidien et dans celui des jeunes. Il faut savoir s’adapter et créer des contenus pédagogiques modernes, même en lien avec l’IA, par exemple.

Vous qui êtes au contact quotidien des jeunes, en quoi des initiatives comme la plateforme volontaire peuvent-elles faire la différence ?

Je suis ravie de son lancement ! Je suis référente ambassadrice depuis 5 ans à l’EPIDE et je rêvais d’un outil comme celui-là. J’utilisais un fichier Excel, mais ce n’était pas vivant. Là, c’est une vraie base de données partagée. Elle permet de maintenir le lien avec les anciens, de transmettre leur savoir aux nouveaux, d’organiser des événements, de mobiliser des volontaires. Récemment, j’ai contacté une promo d’il y a sept ans : certains se sont mariés, ont eu des enfants, ont évolué dans leur vie professionnelle. Par exemple, une volontaire est devenue infirmière, un autre responsable logistique, et un autre fonctionnaire... Et tous veulent revenir témoigner. Ce sont eux les meilleurs ambassadeurs !

Et pour terminer, si vous deviez transmettre un message à un jeune qui hésite à intégrer l'EPIDE, qu’est-ce que vous lui diriez ?

Fonce ! C’est vraiment le mot. À l’EPIDE, si tu as la volonté de t’en sortir et si tu as envie d’avancer dans ta vie, tu trouveras l'encadrement adéquat, une équipe pluridisciplinaire avec un accompagnement global. Tu pourras avoir une remise à niveau en enseignement général, obtenir ton code, le financement d’une partie de ton permis de conduire. On sera là pour t’aider à t’en sortir, à construire un avenir.

Peu importe d’où tu viens, ce qui compte, c’est où tu vas. Alors oui, fonce !

Datalumni

10/10/2025